Le MODEM invente les territoires de demain.

« Pour une égalité républicaine des chances entre les territoires »

Education et territoires ruraux : le paradoxe ?

Posted by Michel SAUVADE on octobre 3, 2009

Si la volonté affirmer « d’élever » le niveau de qualification est logique, légitime et compréhensible dans le contexte de la mondialisation, pour autant sa transcription à l’échelle locale, dans l’espace rural est moins évidente qu’il n’y paraît à mettre en oeuvre :

– D’abord pour des raisons de moyens : de beaux esprits ont tôt fait d’enfoncer la porte ouverte du petit établissement qui coûte plus cher que le grand… normal. Il est vrai que doit se poser la question des minima en dessous desquels l’établissement n’est pas non plus viable pédagogiquement, vaste débat dans lequel je n’entre pas ici.

– Mais ce qui m’intéresse c’est l’apparent paradoxe des élèves qui préfèrent ne pas poursuivre d’études, ou les poursuivre près de chez eux, plutôt que de s’expatrier :  en effet, au delà d’un certain niveau de qualification, il devient extrêment difficile de « revenir » au pays, tant les possibilités d’emplois sont réduites.

face à ceux-là que dire ? On peut stigmatiser le manque d’ambition des familles, les exigences du marché… expliquer statistiques à l’appui que les espaces ruraux sont différents des espaces urbains et n’entre pas dans la « moyenne » nationale.

Le mot est dit,  » la moyenne »… Moi, à l’école, on m’a expliqué que la moyenne, ce n’était pas l’objectif à atteindre, mais celui à dépasser ! En quoi faudrait-il correspondre à cette « moyenne » ? Cela signifie que derrière les écarts de qualification on induit – sans même s’en rendre compte et en toute bonne foi souvent – une hiérarchisation sociale des territoires qui laisse à penser que le plus instruit, ici l’urbain, est le plus heureux.

Et donc, on entre dans une mise en relation qui induit une même dynamique d’éducation de tous les Français : si tu veux travailler, il faut être diplômé, donc occuper des emplois urbains, donc abandonner les campagnes.

Je ne pense pas qu’il faille opposer les uns et les autres : c’est à chacun de choisir son mode de vie et la qualification associée : vaut-il mieux être cadre à Clermont-Ferrand ou artisan à Marsac en Livradois ? Les deux peuvent faciliter une vie épanouie, et le fait même de poser la question biaise totalement la réflexion en liant l’un et l’autre. Chacun doit pouvoir choisir en connaissance de cause, et donc, le rôle de l’école n’est-il pas ici d’éduquer au choix plutôt que de surentraîner au nom de critères à l’échelle nationale ?

Le rôle d’aménageur devient ici plus celui de donner les moyens aux jeunes diplômés de « revenir au pays », le leur ou un autre.

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2 Responses to “Education et territoires ruraux : le paradoxe ?”

  1.   Mamouchka Says:

    Attention au leurre du diplôme ! La mondialisation a beau jeu. Cela sous entend que « l’étranger » produit et que nous, géniaux capitalistes, nous concervons le secteur « recherche et développement »…L’exemple chinois, indien ou brésilien nous prouve l’erreur du jugement, vieux reste de la pensée coloniale.
    Pour faire face à la mondialisation, il faut INOVER et produire LOCALEMENT, en ville ou à la campagne !
    Tous les diplômes sont nécessaires avant ou après le bac…
    Mamouchka.

  2.   Michel SAUVADE Says:

    Tout à fait ! ce type de vision que nous subissons aujourd’hui conduit nécessairement à la hiérarchisation des territoires, et donc des hommes. C’est le rôle du MODEM de sortir de cette spirale de la surenchère permanente.